Du blé pour l’Afrique

Wheat breeders score Ug99 stem rust symptoms at Njoro Agricultural Research Station, Kenya.

Le ble est de loin le premier produit alimentaire d’importation en Afrique.

Savez-vous combien de tonnes de blé l’Afrique importe chaque année ? Dix mille tonnes ? Cent mille ? Un million ? Non. Beaucoup plus que ça.

Chaque année, les pays africains importent en moyenne 35,7 millions de tonnes de blé. En 2012, la quantité de blé importée est estimée à plus 40 millions de tonnes pour une valeur d’environ 18 milliards de dollars.

Le blé est de loin le premier produit alimentaire d’importation en Afrique. La demande de blé augmente beaucoup plus vite que n’importe quel autre produit alimentaire de base.

Les principaux pays importateurs sont l’Égypte, l’Algérie et le Nigeria. Le dernier cité dépense par an environ 3,7 milliards de dollars pour l’importation du blé. Alors que les investissements pour la recherche développement n’excèdent pas 125 millions de dollars par an, confie Yusuf Abubakar, secrétaire exécutif du conseil nigérian pour la recherche agricole. « Nous estimons que cela ne peut pas continuer et qu’il faut travailler à inverser cette tendance », ajoute-il.

L’Afrique doit produire plus de blé pour économiser son “blé”

Inverser la tendance consommation/ production, c’est bien l’ambition d’un consortium de centres de recherche conduit par le Centre international d’amélioration du maïs et du blé (CIMMYT) dans le cadre d’un vaste programme dénommé WHEAT (blé en Englais).

A l’occasion de la sixième semaine scientifique de l’agriculture en Afrique (AASW6), qui se tient à Accra du 15 au 20 juillet 2013, CIMMYT et ses partenaires ont tenu une séance de réflexion le mardi 16 juillet 2013.

Ce fut l’occasion de partager avec les participants une idée qui porte sur la création d’une “coalition pour le blé en Afrique”. “L’idée c’est de mettre en ensemble tous les acteurs, côté production, côté régulation, législation, côté demande/ marché, pour inverser le rapport consommation / production de blé et des produits dérivés en Afrique”, explique Victor Kommerell, coordonnateur du programme WHEAT.

Il explique également que cette idée de “coalition pour le blé en Afrique” fait suite à une étude socio économique réalisée par CIMMYT dans douze pays africains, dont les résultats prouvent qu’au moins huit d’entre eux peuvent développer de façon compétitive la production du blé.

“Il s’agit non seulement d’encourager la production locale de blé et aussi de développer les produits dérivés du blé. La demande est là, elle est énorme. Et qui investit en Afrique en ce moment pour satisfaire cette demande ? Ce sont des compagnies comme Unilever”, regrette Victor Kommerell.

Introduire le blé dans les systèmes de culture

Pour les défenseurs de la “coalition pour le blé en Afrique”, il ne s’agit nullement d’encourager la production du blé en remplacement d’une autre culture.

“Nous ne disons pas qu’il faut remplacer la culture du maïs par exemple par le blé. Nous disons que l’Afrique peut tirer profit de ses nombreuses potentialités liées à la culture du blé en introduisant cette culture à côté des autres cultures”, soutient Bekele Shiferaw, chercheur au CIMMYT.

“Nous sommes conscients de l’importance pour les agriculteurs africains de maintenir la diversité des cultures. Les paysans ont déjà l’habitude et l’art de produire plusieurs spéculations à travers la rotation des cultures”, conclut-il.

Blogpost par Inoussa Maiga, un reporter social du AASW
Photo: M. Listman (CIMMYT)

2 thoughts on “Du blé pour l’Afrique

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